Le média du cash et du risque client, par RECOLIA mercredi 28 octobre 2026 recolia.fr
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Défaillances

Procédures collectives : +70 % de jugements publiés au BODACC en quatre semaines

Du 21 septembre au 18 octobre 2026, le BODACC a publié 5 426 ouvertures de redressement ou de liquidation judiciaire, contre 3 196 sur les quatre semaines précédentes. Ce bond de 70 % des procédures collectives se lit avec prudence, car il repose sur la date de publication. Il rappelle surtout qu'un poste clients doit être surveillé en continu.

Résumer cet article avec : ChatGPT Claude Perplexity Copilot

L'essentiel

  • Le BODACC a publié 5 426 jugements d'ouverture de redressement ou de liquidation du 21 septembre au 18 octobre 2026, contre 3 196 sur les quatre semaines précédentes (+70 %).
  • Le comptage se fait par date de publication, alors que les chiffres officiels de la Banque de France se font par date de jugement : la hausse reste à confirmer.
  • Dès la publication d'un jugement, vous avez deux mois pour déclarer votre créance et trois mois pour revendiquer des marchandises sous réserve de propriété.

Entre le 21 septembre et le 18 octobre 2026, le BODACC a publié 5 426 jugements d'ouverture de redressement ou de liquidation judiciaire, contre 3 196 sur les quatre semaines précédentes, soit +70 %. Ces procédures collectives, les procédures judiciaires ouvertes lorsqu'une entreprise ne parvient plus à faire face à ses dettes, touchent d'abord vos clients : chaque jugement publié peut bloquer une facture que vous attendez. Le chiffre est net, mais il demande une lecture prudente avant d'en tirer une tendance.

5 426 entreprises ont vu s'ouvrir un redressement ou une liquidation judiciaire, publié au BODACC du 21 septembre au 18 octobre 2026, contre 3 196 sur les quatre semaines précédentes (+70 %).

Ce que montrent les annonces du BODACC

Le BODACC est le bulletin officiel où sont annoncés les jugements. Sur les quatre dernières semaines, notre traitement de ces annonces compte 3 690 liquidations judiciaires directes et 1 736 redressements judiciaires. Leur somme donne bien 5 426. Les 94 procédures de sauvegarde sont comptées à part.

La liquidation judiciaire directe, ouverte sans passer d'abord par un redressement, représente environ 68 % de ces ouvertures (3 690 sur 5 426). Le redressement judiciaire en représente environ 32 %.

Voici la répartition pour les cinq premiers secteurs, parmi les entreprises dont le secteur est connu :

SecteurOuvertures sur quatre semaines
Commerce et réparation automobile1 222
Construction1 083
Hébergement et restauration868
Soutien aux entreprises677
Enseignement, santé, action sociale et services aux ménages440

Ces cinq secteurs totalisent 4 290 ouvertures. Si votre portefeuille de clients y est concentré, il mérite une attention particulière.

Pourquoi ce +70 % se lit avec prudence

Première réserve : ce comptage se fait par date de publication au BODACC. Les chiffres officiels sont comptés par date de jugement. Au sens de la Banque de France, une défaillance d'entreprise correspond à l'ouverture d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire. Un jugement rendu une semaine peut être publié la suivante, et un simple décalage de publication suffit à déplacer des annonces d'une période à l'autre. Les chiffres ne disent pas encore si c'est le cas ici.

Seconde réserve : le point de comparaison. Sur douze mois glissants à fin juillet 2026, on comptait 70 605 défaillances, soit +4,6 % sur un an. Réparti sur treize périodes de quatre semaines, ce total donne environ 5 431 ouvertures par période. Ce calcul reste approximatif, car les deux séries n'ont ni la même date de référence ni le même mode de comptage.

Il suggère toutefois que les 5 426 des quatre dernières semaines se situent près d'un rythme moyen, et que les 3 196 de la période précédente étaient plutôt bas. Il serait donc imprudent d'annoncer une flambée des défaillances. Il serait tout aussi imprudent de ne rien en retenir : même au rythme moyen, plus de 5 000 entreprises en quatre semaines entrent dans une procédure collective, et leurs créanciers avec elles.

Les chiffres définitifs, comptés par date de jugement, diront ce qu'il en est. Vous pouvez suivre leur évolution sur notre baromètre des défaillances d'entreprises, et lire notre analyse du total de 70 605 défaillances et du risque client.

Ce que cela change pour votre trésorerie

Un jugement d'ouverture change immédiatement le statut de vos factures impayées. Elles deviennent des créances à déclarer, et non plus des retards à relancer.

Ce que dit le droit. Le jugement d'ouverture interdit de payer les créances nées avant lui et arrête les poursuites individuelles des créanciers pour ces créances (articles L622-7 et L622-21 du code de commerce). Les créanciers doivent déclarer leur créance au mandataire judiciaire dans les deux mois suivant la publication du jugement au BODACC, délai allongé pour ceux établis hors de France métropolitaine (articles L622-24 et R622-24). La revendication de marchandises vendues avec une clause de réserve de propriété doit être exercée dans les trois mois suivant cette publication (article L624-9). Textes consultables sur Légifrance.

Concrètement, la trésorerie ne peut plus compter sur ces encaissements aux dates prévues. Prenons une PME fictive qui a livré des marchandises sous clause de réserve de propriété à un client dont la liquidation est publiée un 2 novembre. Elle dispose de deux mois à compter de cette publication pour déclarer sa créance, et de trois mois pour revendiquer ses marchandises. Si elle découvre le jugement tardivement, une partie de ce délai est déjà consommée.

Le risque porte donc moins sur le jugement lui-même que sur le temps perdu avant d'en avoir connaissance. Notre analyse des délais de déclaration de créance dès le jugement détaille les étapes à suivre.

Les réflexes à mettre en place dès maintenant

Quelle que soit la tendance confirmée par les chiffres officiels, cinq gestes limitent l'exposition d'un poste clients :

  1. Cartographier vos encours. Classez vos clients par montant dû et par secteur, pour repérer les concentrations de risque.
  2. Vérifier avant de livrer. L'outil gratuit Vérifier un client permet de contrôler la situation d'une entreprise avant d'accorder du crédit, ou avant une nouvelle commande.
  3. Activer une alerte. Une surveillance gratuite des clients vous prévient par e-mail à chaque annonce au BODACC, ce qui évite de découvrir un jugement après l'échéance.
  4. Relancer tôt et avec méthode. Un client en difficulté répond mieux à une relance dans les premiers jours de retard qu'après plusieurs mois. Notre processus de relance client en cinq étapes structure cette démarche, jusqu'à la négociation d'un accord amiable.
  5. Agir dans les délais dès un jugement. Déclarez la créance, vérifiez vos clauses de réserve de propriété et conservez vos preuves de livraison.

Associez une personne à la lecture hebdomadaire des alertes BODACC et fixez une règle simple : toute alerte déclenche, le jour même, la vérification des factures en cours et du délai de déclaration de créance.

Ces réflexes ne garantissent aucun encaissement : une procédure collective limite fortement les possibilités de récupération. Ils permettent en revanche de ne pas perdre de droits, et de décider avec des informations à jour de poursuivre ou non la relation commerciale.

Notre lecture de recouvreur

Une variation de 70 % en quatre semaines attire l'œil, mais sur le terrain, nous voyons surtout une différence entre les entreprises prévenues et les autres. Le client qui s'effondre a presque toujours payé en retard avant d'être publié au BODACC. Relancer dès les premiers jours, ouvrir la discussion sur un échéancier et rester en contact préservent à la fois les chances d'être payé et la relation commerciale. Et quand le jugement tombe, ce sont les délais de déclaration qui comptent : mieux vaut les connaître avant.

Questions fréquentes

Le +70 % de jugements publiés signifie-t-il que les défaillances explosent ?

Pas à ce stade. Ce comptage repose sur la date de publication au BODACC, alors que les chiffres officiels de la Banque de France sont comptés par date de jugement. Les 5 426 ouvertures des quatre dernières semaines se situent d'ailleurs près d'un rythme moyen d'environ 5 431 par période de quatre semaines, calculé à partir des 70 605 défaillances sur douze mois à fin juillet 2026.

Quel délai pour déclarer une créance auprès d'un client en procédure collective ?

Vous avez deux mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC pour déclarer votre créance au mandataire judiciaire. Ce délai est allongé pour les créanciers établis hors de France métropolitaine (articles L622-24 et R622-24 du code de commerce). Pour revendiquer des marchandises sous clause de réserve de propriété, le délai est de trois mois.

Peut-on continuer à réclamer une facture à un client dont le jugement d'ouverture est publié ?

Pas pour les créances nées avant le jugement. Le jugement d'ouverture interdit de les payer et arrête les poursuites individuelles des créanciers (articles L622-7 et L622-21 du code de commerce). Votre démarche passe alors par la déclaration de créance dans les délais.

Sources

  1. Annonces de procédures collectives, BODACC (DILA), traitement L'Observatoire du Cash
  2. Nombre de défaillances d'entreprises par date de jugement - Cumul brut glissant sur 12 mois - France - Tous secteurs d'activité, Banque de France (diffusion INSEE) (18 septembre 2026)
  3. Défaillances d'entreprises, Banque de France
  4. Code de commerce, code monétaire et financier, code civil et code général des impôts, Légifrance

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