Défaillances de PME : le total se stabilise à 70 605, mais le risque client change
À fin juillet 2026, la Banque de France compte 70 605 défaillances d'entreprises sur douze mois, un total quasi stable par rapport à juin. Derrière ce chiffre, les défaillances de PME et d'ETI progressent plus vite et restent très au-dessus de leur niveau d'avant 2020. Pour un dirigeant ou un DAF, le risque client change de nature : il se concentre sur moins de dossiers, mais sur des montants potentiellement plus lourds.
L'essentiel
- À fin juillet 2026, on compte 70 605 défaillances sur douze mois, soit + 4,6 % sur un an, avec une hausse de 13,2 % pour les moyennes entreprises et de 11,9 % pour les petites.
- Les ETI et grandes entreprises (61 défaillances) dépassent de 84,8 % leur moyenne 2010-2019, les petites entreprises de 73,2 % et les moyennes de 61,7 %.
- Surveiller ses clients, plafonner les encours, vérifier sa clause de réserve de propriété et déclarer sa créance dans les deux mois restent les quatre réflexes qui protègent la trésorerie.
À fin juillet 2026, la Banque de France compte 70 605 défaillances d'entreprises sur douze mois, contre 70 816 à fin juin. Le total se stabilise, mais ce calme apparent masque un changement : les défaillances de PME progressent beaucoup plus vite que l'ensemble, et elles concernent des clients dont l'impayé pèse plus lourd dans une trésorerie.
Un total stable, des tailles d'entreprises qui divergent
Sur un an, le cumul reste en hausse de 4,6 %. Il dépasse de 19,0 % la moyenne 2010-2019, qui était de 59 342 défaillances par an. Cette moyenne cache pourtant des écarts importants selon la taille des entreprises, comme le montre le tableau suivant (douze mois à fin juillet 2026).
| Catégorie | Défaillances sur 12 mois | Évolution sur un an | Écart avec la moyenne 2010-2019 |
|---|---|---|---|
| Microentreprises et taille indéterminée | 64 937 | + 4,2 % | + 15,8 % |
| Petites entreprises | 1 576 | + 11,9 % | + 73,2 % |
| Moyennes entreprises | 532 | + 13,2 % | + 61,7 % |
| ETI et grandes entreprises | 61 | + 8,9 % | + 84,8 % |
| Ensemble | 70 605 | + 4,6 % | + 19,0 % |
+ 13,2 % : c'est la hausse sur un an des défaillances de moyennes entreprises (532), la plus forte de toutes les catégories de taille, contre + 4,6 % pour l'ensemble des entreprises.
Les volumes restent modestes en comparaison : 1 576 petites entreprises, 532 moyennes et 61 ETI et grandes entreprises, soit 2 169 défaillances, face à 64 937 pour les microentreprises. Ces dernières représentaient d'ailleurs 92 % des défaillances de 2025. Mais ce sont les catégories intermédiaires qui s'éloignent le plus de leur niveau d'avant 2020.
Le Bulletin de la Banque de France de juillet 2026 apporte une explication nuancée. Les défaillances ont augmenté de 3,6 % en 2025, contre 17,7 % en 2024, pour atteindre 68 602 procédures ouvertes. Pour les entreprises autres que les microentreprises, le rattrapage des défaillances évitées pendant la pandémie ne suffit plus à expliquer les niveaux atteints : le Bulletin relève une dégradation plus marquée de leurs structures financières.
Pour les petites entreprises, la forte croissance des créations depuis 2016 explique en partie la hausse. Vous pouvez suivre ce mouvement sur notre page créations d'entreprises. Source des chiffres de juillet : Banque de France.
Ce que cela change pour votre trésorerie
Un client de taille moyenne a, en règle générale, plus de fournisseurs qu'une microentreprise, et vous lui livrez souvent davantage. Les statistiques de la Banque de France ne mesurent pas les montants de factures restés impayés. Les chiffres ne disent donc pas encore combien ces défaillances coûtent aux créanciers. La logique, elle, est simple : quand une procédure s'ouvre, de nombreux fournisseurs cherchent en même temps à faire valoir leur créance.
Prenons une PME fictive qui réalise 2 millions d'euros de chiffre d'affaires, dont 15 % avec un seul client, soit 300 000 euros par an. Avec un délai de paiement de 60 jours, le maximum légal à compter de l'émission de la facture, environ deux mois de facturation sont en permanence en attente de règlement : 50 000 euros. Si ce client ouvre une procédure, cette somme devient une créance à déclarer, dont l'encaissement n'est plus assuré. Ce n'est plus un simple retard à relancer, c'est un trou dans le plan de trésorerie.
Des secteurs inégalement exposés
Par secteur, voici les défaillances relevées sur un an à fin juillet 2026 :
- construction : 14 351 défaillances (- 2,4 %) ;
- commerce : 14 073 (+ 2,8 %) ;
- hébergement et restauration : 9 721 (+ 7,4 %) ;
- conseils et services aux entreprises : 9 061 (+ 9,2 %) ;
- enseignement, santé, action sociale et autres services : 7 229 (+ 12,4 %).
La construction reste le secteur le plus touché en volume, mais il est en léger repli. Les hausses les plus nettes concernent l'enseignement, la santé et l'action sociale, puis les services aux entreprises. Le transport et l'entreposage, de leur côté, dépassent de 70,1 % leur moyenne 2010-2019.
Une précision s'impose : ces chiffres couvrent toutes les tailles d'entreprises. Ils ne disent pas encore quelle part de chaque secteur revient aux PME et aux ETI. Si vous travaillez avec le BTP, notre analyse sur les impayés dans le BTP détaille les spécificités du secteur.
Les réflexes de prévention
Surveiller vos clients
Une procédure collective s'annonce rarement d'un coup : retards qui s'allongent, demandes de report, changements de dirigeant. L'outil gratuit « Vérifier un client » vous donne une première lecture avant de livrer. La surveillance gratuite des clients vous alerte ensuite lorsqu'une annonce au BODACC (le bulletin officiel des annonces civiles et commerciales) concerne l'un d'eux.
Limiter les encours
Fixez pour chaque client un plafond d'encours, c'est-à-dire le montant maximal de factures non réglées que vous acceptez de porter. Au-delà, vous suspendez les livraisons ou vous demandez un acompte. Plus le client est important pour votre chiffre d'affaires, plus ce plafond doit être revu souvent.
Ce que dit le droit. Entre professionnels, le délai de paiement convenu ne peut dépasser 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois s'il est expressément stipulé. Sans accord, il est de 30 jours après la réception des marchandises ou l'exécution de la prestation (article L441-10 du code de commerce). Raccourcir vos délais réduit mécaniquement l'encours exposé.
Prévoir une clause de réserve de propriété
Cette clause prévoit que vous restez propriétaire des marchandises livrées jusqu'à leur paiement complet. Elle se prévoit dans vos conditions générales de vente, et son efficacité dépend de sa rédaction et de son acceptation par le client. Faites-la relire : notre diagnostic gratuit des conditions générales de vente permet de repérer les points faibles.
Déclarer sa créance dans les deux mois
Si un client entre en procédure collective, vous devez déclarer votre créance, c'est-à-dire informer officiellement le mandataire judiciaire de la somme qui vous est due. Le délai est de deux mois : ne le laissez pas passer. Vérifiez la date de départ de ce délai auprès du mandataire ou de votre conseil, puis constituez le dossier sans attendre (factures, bons de livraison, relances). Sur le plan fiscal, notre analyse explique comment récupérer la TVA d'une facture impayée dès le jugement en cas de liquidation.
Classez vos clients en trois niveaux : vert, orange, rouge. Dès qu'un client passe à l'orange (deux retards consécutifs, par exemple), réduisez son plafond et appelez-le. Un échange précoce permet souvent de négocier un échéancier avant que la situation ne se dégrade.
Check-list : cinq actions à lancer ce mois-ci
- Activez la surveillance gratuite sur vos dix principaux clients.
- Passez chaque nouveau client par l'outil « Vérifier un client » avant la première livraison.
- Fixez un plafond d'encours par client et revoyez-le chaque trimestre.
- Faites contrôler vos conditions générales de vente : délais de paiement, pénalités et clause de réserve de propriété.
- Préparez la procédure en cas de défaillance : qui déclare la créance, avec quelles pièces, dans les deux mois.
Pour suivre l'évolution des chiffres mois après mois, consultez notre baromètre des défaillances d'entreprises, également décliné par région.
Notre lecture de recouvreur
Quand un client moyen ou grand tombe, il est presque toujours trop tard pour agir. Ce que nous voyons sur le terrain, c'est que les signaux existent plusieurs semaines avant : retards qui s'allongent, interlocuteurs qui changent, promesses de virement répétées. Relancer tôt, avec méthode et respect, reste le meilleur moyen de rester informé de la situation de votre client et, parfois, de bâtir avec lui un accord amiable. Nous n'avons pas d'obligation de résultat, mais une certitude : une créance suivie dès le premier retard a plus de chances d'être réglée qu'une créance découverte le jour du jugement.
Questions fréquentes
Les défaillances d'entreprises augmentent-elles en 2026 ?
À fin juillet 2026, la Banque de France compte 70 605 défaillances sur douze mois, en légère baisse par rapport à fin juin (70 816) mais en hausse de 4,6 % sur un an. Le niveau dépasse de 19,0 % la moyenne 2010-2019, qui était de 59 342 par an. Le total se stabilise donc à un niveau élevé.
Quelles entreprises sont les plus touchées par la hausse ?
Sur un an, les défaillances progressent de 13,2 % pour les moyennes entreprises (532), de 11,9 % pour les petites (1 576) et de 8,9 % pour les ETI et grandes entreprises (61). Les microentreprises, bien plus nombreuses (64 937), progressent de 4,2 %. Par rapport à la moyenne 2010-2019, l'écart le plus fort concerne les ETI et grandes entreprises, avec + 84,8 %.
Dans quel délai déclarer sa créance quand un client entre en procédure ?
Le délai est de deux mois. Ne le laissez pas passer, et vérifiez auprès du mandataire judiciaire ou de votre conseil la date à partir de laquelle il court. Rassemblez dès maintenant factures, bons de livraison et traces de relance.
Comment savoir si l'un de mes clients est en difficulté ?
Deux outils gratuits existent : « Vérifier un client » pour une première lecture avant de livrer, et la surveillance des clients, qui vous alerte lorsqu'une annonce au BODACC les concerne. Ils complètent, sans les remplacer, le suivi de vos retards de paiement et le dialogue avec votre client.
Sources
Soyez alerté avant qu'il ne soit trop tard.
Indiquez les SIREN de vos clients : vous recevez un e-mail dès qu'une procédure collective, une vente de fonds ou une radiation les concerne, avec les délais à respecter.
Jusqu'à 20 entreprises, gratuit, désinscription en un clic.
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